Né le 21 septembre 1942 à Petit-QuevillyNé en 1942, il nous vient de Normandie où la lumière, on le sait, joue un rôle passionnel dans les relations entre l’homme et la nature. C’est à Rouen, à Saint-Etienne du Rouvray dans l’imprimerie, qu’il fit ses premières armes, tout en travaillant comme technicien dans le chauffage. A son registre artistique, déjà ample, il faut ajouter celui de décorateur : au théâtre Gorki, du Petit-Quevilly, il a illustré Georges Dandin, une pièce tirée de Flaubert et même la Claire de René Char, choisie par lui mais non représentée...
De Grand-Couronne au Grand-Palais ou à l’espace Delpha, ses expositions, trop rares, ont montré depuis ses débuts qu’il suit le chemin de la rigueur, presque de l’ascétisme. Dans son sens aigu de l’architecture plastique, on discerne, refondue, évoluée, la leçon de Braque, de Delaunay, et de Fernand Léger. Il dit son admiration pour Ingres, Degas, le Hugo des encres de Chine. Il appartient peut-être, plus près de nous, à la famille des Soulages et des Marfaing. Mais il se situe hors des tintamarres de tendance et des surenchères d’école.
S’il a opté pour l’abstraction, ce n’est certes pas par référence. L’abstraction inclut d’ailleurs pour lui l’emprunt direct ou indirect au figuratif. Il vit cette abstraction comme expression concrète, rythme existentiel, dialectique de création. Plutôt que lyrique, je dirai son abstraction tellurique. Fondée, en première instance, sur le désir. Le désir de changer le monde ou d’en voler le feu secret me semble un des traits de la vocation prométhéenne de l’artiste.
Tellurique, cette peinture, parce qu’elle organise des structures élémentaires ou des éléments qui sont des structures, en liaison avec les forces obscures et les forces vives, celles qui sourdent des profondeurs de la terre, qui en animent les secousses, les mutations, les mouvements. La toile, en même temps, capte le chromatisme du cosmos, les bleus de nuit, les bleus de mer, les bleus d’aurore boréale, et la douce luminescence que répand la féminité par ses surgissements.
©2005 UNION DES ARTS PLASTIQUES de Saint Etienne du Rouvray